Un soir. Un ciel sans étoiles. Mes boucles brunes tombant sur mes épaules comme mes doigts sur les touches noires et blanches du piano. Les notes & la musique me saississent. Je suis frustrée, emprisonnée.
Je suis seule et me laisse aller. Je fais jaillir de moi toutes les larmes que mon corps avait pû contenir. Sans raison, les larmes coulaient, à flot. Sans raison, elles glissaient sur mon visage. Sans raison, le chagrin m'innondait, et je restais là, touchée. Sans pouvoir rien y faire. Sans pouvoir m'arrêter. Mais je continuais de jouer, la voie coupée par les larmes. Les notes s'élevant dans le hall se sont mises à résonner moins fort, pour finir par s'éteindre. Je me suis levée. J'ai ouvert la fenêtre. Et des notes ont a nouveau retenti. Et moi avec mes joues mouillées, je me taisais. Juste là je contemplais la vie.
Je voudrais pouvoir tout mettre dans une boîte. Tout enfermer. La brûler. La balancer dans un lac et la voir disparaître. Ou du haut d'une falaise et la voir se briser. Ou attraper les cendres et les balancer dans le vent. Je voudrais pouvoir. Mais même si je pouvais je n'y arriverai pas. Je voudrais pouvoir ne rien oublier tout en y pensant pas. Pouvoir ouvrir la boîte quand je veux... J'ai des perles qui glissent de mes yeux sans que je ne m'en rende compte. Mon regard se perd & ma vue se trouble... Mais les images défilent au même rythme que la mélodie qui empoigne ma tête, mes pensées, mon coeur. Le vent se mélange à ma musique. Il se glisse dans mes cheveux. Frôle mon visage. Contourne mes larmes. Me berce. Le vent m'emportera...